Contribution du Syndicat National des Infirmier(e)s-Anesthésistes à l'élection présidentielle.29/9/2026
AVANT-PROPOS Le système de santé français doit répondre simultanément au vieillissement de la population, à l’augmentation des besoins de soins, aux tensions démographiques, aux difficultés d’accès aux prises en charge et à la multiplication des situations sanitaires exceptionnelles. Dans ce contexte, les Infirmiers-Anesthésistes Diplômés d’État (IADE) constituent une ressource hautement qualifiée. Leur expertise en anesthésie, soins critiques, urgence, SMUR et situations exceptionnelles contribue directement à la sécurité des patients. Leur niveau de qualification et l’évolution de leurs responsabilités doivent désormais trouver une traduction pleine et entière dans l’organisation des soins, le cadre réglementaire, les carrières et la formation. Les propositions du Syndicat National des Infirmier(e)s-Anesthésistes (SNIA) reposent sur une conviction : mieux reconnaître et mieux mobiliser les compétences des infirmier(e)s-anesthésistes francais(e)s constitue un choix de santé publique, au service de la sécurité des patients et de la capacité de notre système de santé à répondre aux besoins de demain. Nos convictions
Axe 1 – Les IADE : acteurs majeurs de la sécurité anesthésique La sécurité anesthésique repose sur la qualification des professionnels, leur complémentarité et des organisations adaptées aux risques pris en charge. Les IADE en constituent un élément essentiel. Les évolutions du système de santé ne doivent pas conduire à déqualifier les prises en charge ou à fragiliser les organisations qui ont fait leurs preuves. Préserver l’exclusivité d’exercice
Le SNIA est favorable aux innovations organisationnelles lorsqu’elles répondent aux besoins des patients. Elles ne doivent toutefois ni contourner les compétences réglementairement reconnues ni conduire à diminuer le niveau de qualification requis dans les secteurs de santé à haut risque. Les expériences menées autour des abords vasculaires montrent notamment que certaines pratiques aujourd’hui dérogatoires doivent pouvoir trouver leur traduction dans les référentiels et la formation IADE.
Faire de la sécurité anesthésique une priorité nationale
Axe 2 – Faire de la pratique avancée IADE un levier de transformation La reconnaissance législative, en 2025, de l’exercice en pratique avancée constitue une avancée majeure. Elle doit désormais trouver sa traduction concrète dans les textes réglementaires, les organisations professionnelles et les parcours de soins. L’enjeu est clair : aligner le cadre formel avec les compétences réellement exercées sur le terrain, afin de garantir une pratique pleinement cohérente, lisible et opérationnelle. Moderniser un cadre réglementaire qui a plus de 30 ans
Développer les missions de pratique avancée Le SNIA propose d’ouvrir un chantier national sur l’évolution des missions des infirmier(e)sanesthésistes, notamment en médecine péri-opératoire, évaluation préopératoire, parcours patients, soins critiques, gestion des risques, situations sanitaires exceptionnelles et coordination des parcours complexes. Toute évolution doit s’accompagner d’une reconnaissance statutaire et salariale cohérente. Reconnaître l’expertise IADE en urgence et en préhospitalier
Faire de la recherche une mission professionnelle
Garantir le maintien des compétences
Axe 3 – Restaurer l'attractivité des métiers critiques Le grade universitaire de Master traduit le niveau de qualification des infirmier(e)s-anesthésistes. Cette reconnaissance académique doit désormais se retrouver dans les carrières, les rémunérations et les responsabilités. Reconnaître le niveau Master dans les carrières
Reconnaître les IADE du secteur privé
Diversifier les parcours sans perdre l’expertise clinique
Axe 4 – Préparer l'avenir de la profession Former suffisamment de professionnels est une condition de la sécurité des patients et de la continuité des soins. La démographie IADE doit donc devenir un enjeu de pilotage national. Lever les freins financiers à la formation
Anticiper la démographie IADE
Toute pénurie d’infirmier(e)s-anesthésistes a des conséquences directes sur les blocs opératoires, les maternités, les soins critiques et les structures préhospitalières et donc plus globalement sur l’accès aux soins de la population française. La démographie IADE doit être suivie comme un indicateur stratégique de l’offre de soins. Axe 5 – Reconnaître l'engagement et protéger les professionnels L’exercice des infirmier(e)s-anesthésistes associe responsabilité clinique, vigilance permanente, situations d’urgence, travail de nuit, gardes, astreintes, horaires atypiques et exposition à des événements potentiellement traumatiques. Ces contraintes doivent être prises en compte dans les politiques d’attractivité, de prévention et de protection. Reconnaître la pénibilité et l’usure professionnelle
Adapter les fins de carrière
Prévenir les risques professionnels
Valoriser la permanence des soins
Renforcer la protection sociale La Protection Sociale Complémentaire doit devenir un véritable levier d’attractivité et de protection des professionnels hospitaliers.
Axe 6 – Faire confiance aux professionnels pour construire la santé de demain Les politiques publiques de santé ne peuvent être durablement efficaces sans l’expertise de ceux qui exercent au quotidien. La participation des professionnels doit être reconnue comme une mission d’intérêt général. Garantir la représentation des infirmier(e)s-anesthésistes
Reconnaître le temps institutionnel
Faire évoluer la représentation ordinale
Renforcer la gouvernance territoriale
Axe 7 – Protéger les professionnels hospitaliers Les crises sanitaires, catastrophes, attentats, risques industriels et évolutions géopolitiques imposent de disposer de professionnels immédiatement mobilisables et capables d’intervenir dans des situations complexes. Les IADE constituent, par leur expertise en anesthésie, réanimation, urgence, voies aériennes, ventilation et soins critiques, une ressource stratégique pour la résilience sanitaire. Intégrer les IADE à la préparation des crises
Créer une réserve opérationnelle nationale d’IADE
Développer la médecine de catastrophe et la coopération avec la Défense
Préparer la médecine de guerre du XXIe siècle
CONCLUSION GÉNÉRALE Les infirmier(e)s-anesthésistes disposent d’un niveau de qualification, d’expertise et de responsabilité qui en fait une ressource essentielle du système de santé français. Pourtant, leur reconnaissance réglementaire, statutaire, salariale et organisationnelle demeure en décalage avec les réalités de leur exercice. Le Syndicat National des Infirmier(e)s-Anesthésistes formule dans ce livret des propositions qui répondent à un même objectif : préserver la sécurité des patients, reconnaître les compétences, rendre les carrières attractives, préparer le renouvellement de la profession et donner à la France les moyens de répondre aux crises à venir. Faire confiance aux infirmiers anesthésistes français, c’est faire le choix de la compétence, de la sécurité et de la résilience du système de santé. Annexe – Évolutions réglementaires prioritaires : Pratique avancée : ouvrir un chantier national consacré à l’évolution de l’exercice en pratique avancée des infirmier(e)s-anesthésistes. Référentiels : réviser les référentiels d’activités et de compétences et intégrer les nouvelles missions. Article R.4301-10-1 : mieux reconnaître les missions et responsabilités exercées dans le cadre de la pratique avancée. Articles D.6124-91 à D.6124-103 : adapter l’organisation réglementaire de l’anesthésie aux réalités contemporaines tout en préservant les garanties de sécurité du modèle français. Urgence et préhospitalier : reconnaître aux IADE concernés des prérogatives cohérentes avec leur niveau de qualification et avec celles reconnues dans le champ de l’IPA Urgences. Temps institutionnel : inscrire dans la loi un dispositif national garantissant les moyens nécessaires à l’exercice des missions d’intérêt général.
L’extubation d’un patient par un infirmier diplômé d’État (IDE) en salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI) fait l’objet d’un débat important depuis la publication de l’arrêté de juin 2026, qui exclut désormais explicitement le retrait de la sonde d’intubation du rôle propre infirmier.
Le Syndicat National des Infirmier·es Anesthésistes (SNIA) défend un cadre réglementaire clair et sécurisé pour l’exercice des infirmier·es anesthésistes et la prise en charge des patients. Dans ce contexte, plusieurs organisations représentant les médecins anesthésistes-réanimateurs demandent aujourd’hui une évolution du cadre réglementaire. Pour le SNIA, la question est avant tout de déterminer précisément le fondement juridique permettant à un IDE non IADE de réaliser une extubation en SSPI, et la portée du protocole proposé par la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR). Position de la DGOS rapportée en août 2026 Selon une information publiée par APMnews le 20 août 2026, la DGOS a indiqué que : « la réglementation n’avait pas évolué et que l’extubation demeurait réalisable par des IDE dans le seul cadre d’un protocole de coopération. » Cette position est particulièrement importante. Elle signifie, si cette information est correctement rapportée et interprétée dans son sens juridique, que la DGOS ne considère pas l’extubation comme relevant des compétences infirmières générales permettant à un IDE d’effectuer ce geste sur la seule base d’une prescription médicale. Autrement dit, une prescription médicale autorisant l’extubation ne suffirait pas, à elle seule, à créer une compétence que les textes réglementaires ne reconnaissent pas à l’IDE. Une situation particulière pour l’IADE Cette analyse doit également être rapprochée du régime juridique spécifique de l’infirmier anesthésiste diplômé d’État. L’article R.4311-12 du Code de la santé publique confère à l’IADE des compétences particulières en matière d’anesthésie et prévoit son intervention dans le parcours péri-anesthésique, notamment en SSPI. L’IADE dispose ainsi d’un cadre réglementaire spécifique qui ne peut être transposé automatiquement à l’IDE non spécialisé. Il convient donc de distinguer clairement les compétences réglementairement attribuées à l’IADE de celles reconnues à l’IDE. Un protocole local ne peut-il pas créer une compétence ? C’est précisément sur ce point que le protocole proposé par la SFAR soulève des interrogations. Un protocole élaboré au niveau d’un établissement, même validé par la communauté médicale, la CME ou la direction, ne constitue pas nécessairement un protocole de coopération au sens des articles L.4011-1 et suivants du Code de la santé publique. La validation institutionnelle d’une procédure ne permet pas, à elle seule, de déroger aux limites réglementaires d’exercice d’une profession. Ainsi, si l’extubation est effectivement exclue du rôle propre infirmier par la réglementation issue de juin 2026, il paraît difficile de considérer qu’un simple protocole local puisse, à lui seul, permettre à un IDE d’acquérir cette compétence en dehors du dispositif juridique prévu pour les coopérations entre professionnels. Des interrogations concernant le protocole proposé Plusieurs passages du protocole proposé appellent, à ce titre, des observations. 1. Le fondement réglementaire Le protocole fait référence à des compétences infirmières reconnues et confirmées par la réglementation de juin 2026. Cette formulation peut surprendre dès lors que cette même réglementation semble précisément avoir apporté une clarification concernant le retrait de la sonde d’intubation en l’excluant du rôle propre infirmier. Il apparaît donc nécessaire de préciser sur quel fondement réglementaire exact l’IDE serait autorisé à réaliser ce geste. 2. La formation certifiante et la certification Qualiopi Le protocole fait également référence à une formation certifiante bénéficiant de la certification Qualiopi. Il convient cependant de distinguer la certification Qualiopi du contenu et de la reconnaissance réglementaire de la formation. La certification Qualiopi atteste essentiellement du respect, par le prestataire de formation, d’un référentiel qualité comportant des critères et indicateurs déterminés. Elle ne signifie pas, en elle-même, que le geste enseigné est réglementairement autorisé pour la profession concernée. Une formation peut donc permettre l’acquisition d’un savoir-faire technique sans pour autant créer une compétence juridique ou réglementaire nouvelle. 3. La prescription du MAR Le protocole prévoit que l’extubation serait réalisée uniquement lorsque le médecin anesthésiste-réanimateur l’a prescrite sur la feuille de prescriptions postopératoires. Cette disposition soulève une difficulté de fond. Une prescription médicale peut ordonner ou autoriser la réalisation d’un acte lorsque celui-ci entre dans les compétences du professionnel auquel elle est destinée. En revanche, elle ne peut, à elle seule, transformer un acte exclu du champ de compétence réglementaire de l’IDE en acte relevant de ses compétences. La question centrale devient donc : la prescription du MAR constitue-t-elle un fondement juridique suffisant pour autoriser un IDE à pratiquer l’extubation, ou faut-il nécessairement recourir au dispositif de coopération prévu par les articles L.4011-1 et suivants du CSP ? La réponse rapportée par APMnews concernant la position de la DGOS en août 2026 semble aller dans le sens de la seconde hypothèse. 4. La disponibilité immédiate du MAR Le protocole prévoit également que l’IDE doit, avant toute extubation, s’assurer de la disponibilité immédiate du médecin et différer le geste si celui-ci est occupé. Cette disposition appelle également une réflexion particulière. Elle semble reconnaître implicitement que, dans certaines circonstances, le médecin anesthésiste-réanimateur peut ne pas être immédiatement disponible en SSPI. Cette problématique n’est pas nouvelle et renvoie notamment aux exigences réglementaires relatives à la surveillance des patients en SSPI et à la capacité d’intervention du médecin anesthésiste-réanimateur. Mais elle soulève une question essentielle de sécurité : Que doit faire l’IDE lorsqu’un patient intubé présente une situation nécessitant une intervention immédiate alors que le MAR n’est momentanément pas disponible ? La question est particulièrement importante lorsque le patient est en cours de réveil, présente une agitation ou une obstruction, ou lorsque la sonde d’intubation devient problématique. Si l’IDE ne dispose pas de la compétence réglementaire lui permettant d’extuber, mais qu’il se trouve confronté à une situation dans laquelle le maintien de la sonde devient lui-même problématique, le protocole doit préciser de manière juridiquement et médicalement sécurisée la conduite à tenir. 5. Une contradiction apparente sur la disponibilité médicale Le même principe semble apparaître à plusieurs endroits du protocole : l’IDE ne pourrait extuber que si le MAR est immédiatement disponible. Cela pose une question de cohérence avec l’objectif même d’une organisation permettant à l’IDE de réaliser l’extubation. Si la présence ou la disponibilité immédiate du MAR constitue une condition impérative à l’extubation, il convient alors de déterminer précisément quelle est la plus-value de confier le geste à l’IDE plutôt que de maintenir l’extubation dans le champ de compétence du médecin anesthésiste-réanimateur ou de l’IADE. Cette question est d’autant plus importante que la SSPI constitue précisément un secteur dans lequel la capacité d’intervention immédiate du MAR constitue un élément essentiel de la sécurité anesthésique. 6. Le fondement réglementaire cité au point 9 Enfin, le protocole cite comme fondement réglementaire l’arrêté de juin 2026 alors même que celui-ci semble avoir précisément apporté une clarification en excluant le retrait de la sonde d’intubation du rôle propre infirmier. Une clarification est-elle encore nécessaire ? Dès lors que la DGOS a, selon les informations rapportées par APMnews, indiqué que l’extubation par un IDE demeurait possible uniquement dans le cadre d’un protocole de coopération, la question n’est peut-être plus de savoir si une prescription médicale peut autoriser l’IDE à extuber. La question devient plutôt celle de la qualification juridique exacte du protocole proposé. Si la DGOS confirme que l’extubation par un IDE ne peut être réalisée que dans le cadre des articles L.4011-1 et suivants du CSP, cela implique juridiquement que l’extubation par un IDE ne peut pas être réalisée sur simple prescription et dans le cadre d’un protocole local, même validé par la CME et la direction de l’établissement. Enjeu de responsabilité Cette question ne relève pas uniquement d’une discussion théorique sur le champ de compétence des professionnels. En cas de complication grave consécutive à une extubation réalisée par un IDE en SSPI, notamment en cas de détresse respiratoire, d’inhalation, de laryngospasme, d’hypoxémie ou de nécessité de réintubation, la question de la responsabilité des différents intervenants pourrait être examinée. Selon les circonstances, pourraient notamment être interrogés :
La responsabilité de chacun ne pourrait évidemment être appréciée qu’au regard des faits précis, du cadre réglementaire applicable et des circonstances de l’événement. Conclusion La publication d’un protocole permettant à un IDE non IADE de réaliser l’extubation en SSPI soulève donc plusieurs interrogations qui dépassent la seule question de la compétence technique. Si la réglementation de juin 2026 exclut effectivement le retrait de la sonde d’intubation du rôle propre infirmier et si la DGOS a confirmé en août 2026 que l’extubation par un IDE ne peut intervenir que dans le cadre d’un protocole de coopération, il paraît indispensable de distinguer juridiquement :
La seule existence d’une prescription du MAR, d’une formation spécifique ou d’une validation par la CME ne saurait, à elle seule, suffire à démontrer l’existence d’une compétence réglementaire permettant à l’IDE de réaliser l’extubation. Depuis 75 ans, le SNIA porte la défense et la reconnaissance des compétences des infirmier·es anesthésistes. Dans ce cadre, il restera particulièrement attentif à ce que les évolutions de l’exercice professionnel reposent sur un cadre juridique clairement établi, lisible pour les professionnels et garantissant la sécurité des patients. En cas de complication grave, la question de la responsabilité de l’ensemble des acteurs ayant contribué à la mise en place et à la réalisation de cette pratique pourrait naturellement être examinée. Le SNIA pourrait alors, sous réserve des conditions juridiques applicables et de son intérêt à agir, envisager les suites judiciaires appropriées, notamment une éventuelle constitution de partie civile. Le Syndicat National des Infirmiers Anesthésistes (SNIA) dénonce des pressions inacceptables visant à détricoter l’arrêté du 26 juin 2026 sur les actes infirmiers. Qualifier une clarification réglementaire « d’erreur » relève d’une stratégie de déstabilisation, pas d’une analyse juridique. Menacer de saisir le Conseil d’État pour défendre des habitudes professionnelles n’a rien d’un argument : c’est une tentative de préserver un statu quo qui n’a jamais eu de base légale. Il est essentiel de rétablir les faits : l’extubation n’a jamais figuré parmi les actes autorisés aux infirmiers diplômés d’État. L’arrêté du 26 juin 2026 ne crée rien : il met fin à une ambiguïté entretenue pendant des années par des organisations qui ont préféré s’appuyer sur des pratiques locales plutôt que sur le droit. L’extubation ne se résume pas à un geste mécanique : c’est un acte clinique complexe, exigeant une maîtrise fine de l’anesthésie, des voies aériennes et de la surveillance péri‑anesthésique. Cette expertise relève exclusivement du champ de compétences médical et des infirmier(e)s‑anesthésistes diplômé(e)s d’État. Prétendre le contraire, c’est ignorer la réalité clinique, fragiliser la sécurité des patients et légitimer des glissements de tâches qui n’ont jamais eu de fondement réglementaire. La sécurité des patients ne peut plus être sacrifiée sur l’autel de l’organisation interne ou des économies de fonctionnement. Une organisation de soins, même ancienne, ne crée pas une compétence réglementaire. Les professionnels ne font pas la loi. Le cadre juridique, lui, est clair. Cette clarification doit désormais conduire à une réflexion plus globale sur la place des IADE au sein des Salles de Surveillance Post Interventionnelle. Leur expertise en anesthésie, leur maîtrise des voies aériennes et leur capacité à prendre en charge des situations péri-anesthésiques complexes constituent un levier majeur de sécurisation des parcours et des pratiques. Le ministère doit maintenant assumer un choix : sécuriser les pratiques en mobilisant les compétences spécialisées, ou céder à des pressions corporatistes visant à maintenir des frontières professionnelles dépassées. Le SNIA appelle la ministre de la Santé à confirmer les orientations validées au HCPP et à ne pas reculer sous la pression. Un renoncement serait un signal dangereux pour l’ensemble des professionnels engagés dans la transformation du système de santé. Le SNIA continuera à défendre toute évolution permettant de mieux reconnaître et mobiliser les compétences disponibles, au service d’une organisation des soins plus efficiente et, surtout, de la qualité des soins et de la sécurité des patients. Le Conseil du SNIA Le 13 aout 2026
Le Syndicat National des Infirmiers Anesthésistes (SNIA) prend acte de la publication du rapport parlementaire de la mission flash sur "les infirmiers en pratique avancée", dont l’orientation assumée et la faible rigueur d’analyse interrogent sérieusement la crédibilité du travail produit. En ne s’appuyant que sur une seule lecture du terrain, la mission flash aboutit à un document qui relève davantage de la promotion d’un modèle d’exercice que d’une analyse objective de la diversité des pratiques infirmières. Une approche partielle ne peut, mécaniquement, conduire qu’à des conclusions partielles. Le rapport prétend éclairer l’avenir de la profession tout en passant sous silence les infirmiers anesthésistes diplômés d’État (IADE), pourtant seuls professionnels infirmiers spécialisés dont l’exercice clinique, la formation universitaire de niveau master, les responsabilités et l’autonomie sont établis, reconnus et éprouvés depuis plus de cinquante ans. Cette omission n’est pas anodine. Une réflexion construite sur une représentation tronquée des réalités professionnelles ne peut qu’aboutir à une vision incomplète des réponses à apporter aux défis du système de santé. Plus préoccupant encore, le rapport propose de distinguer les IPA des spécialités infirmières de pratique avancée, au motif que seuls les IPA exerceraient en pratique avancée. Une telle affirmation contredit l’esprit de la loi, méconnaît les textes existants et révèle une compréhension très approximative du sujet. Chaque jour, les IADE démontrent malgré tout la portée essentielle de leur exercice : prise en charge de situations complexes, expertise clinique de haut niveau, contribution déterminante à la sécurité des patients et à l’accès aux soins anesthésiques sur l’ensemble du territoire. Leur pratique constitue une forme pleinement opérationnelle de pratique infirmière avancée, dont le développement naturel ne demande qu’à être enfin accompagné. Le SNIA rappelle qu’une mission flash n’a ni portée normative ni valeur législative. Elle ne saurait définir l’avenir. Celui-ci devra intégrer l’ensemble des expertises existantes et ne pourra se construire en imposant un modèle unique. À l’approche de nouvelles échéances démocratiques, le SNIA souligne que les professionnels ne sont pas dépourvus de mémoire. Ils sauront distinguer les engagements sincères des effets d’annonce et apprécier la considération réellement accordée aux spécialités infirmières lorsque les décisions importantes ont dû être prises. La reconnaissance des IADE ne repose pas sur les discours. Elle se mesure aux actes. Et les actes, eux, demeurent. Le Conseil du SNIA Le 16 juillet 2026
Le SNIA publie une nouvelle note d'analyse consacrée à l'évolution statutaire et indiciaire des infirmier(e)s-anesthésistes diplômé(e)s d'État (IADE) et à leur reconnaissance dans la Fonction publique hospitalière. Fondée sur une analyse réglementaire approfondie et une simulation comparative des carrières, cette étude examine la cohérence entre le niveau de qualification des IADE, leurs responsabilités, leur déroulement de carrière et leur rémunération. Nous porterons cet argumentaire auprès des pouvoir publics et des personnalités politiques du champ sanitaire. Le document complet est disponible en téléchargement ci dessous
Retrouvez l'ensemble de nos publications (analyses, enquêtes, plaidoyers …) dans la rubrique Publications de notre site.
Les textes réglementaires accompagnant la loi infirmière de juin 2025 viennent d’être publiés. Le Syndicat National des Infirmier(e)s-Anesthésistes (SNIA) salue les avancées obtenues pour le métier socle infirmier et rappelle son engagement constant en faveur d’une réforme ambitieuse, tournée vers les besoins des patients et l’évolution des pratiques professionnelles.
Alors que l’exercice infirmier généraliste évolue autour de la consultation, de la prescription et d’un accès simplifié aux soins, le SNIA demande l’ouverture rapide des travaux réglementaires concernant les infirmier(e)s anesthésistes. Les engagements ministériels pris ces dernières années doivent être respectés : l’évolution du métier socle doit s’accompagner d’une modernisation effective des exercices spécialisés. Dans ce contexte, le SNIA exprime sa vive inquiétude face à des prises de position clivantes qui entretiennent artificiellement une opposition entre des modèles de pratique avancée pourtant complémentaires, laissant entendre que l’avenir de la pratique avancée ne pourrait se structurer qu’autour du seul modèle des IPA. Le SNIA rappelle que les IADE incarnent une pratique avancée fondée sur une expertise clinique reconnue, une autonomie réelle et des responsabilités déterminantes pour la sécurité des soins. Alors même que le modèle IPA poursuit son évolution vers une pratique toujours plus transversale, marquée par la disparition progressive des mentions, il serait profondément erroné d’en faire la référence unique de la pratique avancée infirmière. Les IADE représentent, au contraire, une forme de pratique avancée hautement spécialisée, éprouvée et indispensable, répondant à des besoins critiques dans des secteurs en forte tension. Méconnaître cette réalité constituerait une erreur stratégique majeure et traduirait une vision politique déconnectée des besoins du système de santé. Depuis la loi du 27 juin 2025 sur la profession d’infirmier, la pratique avancée ne peut plus être pensée selon une logique unique ou idéologique. Elle doit enfin être construite à partir des besoins des patients, des parcours de soins et des compétences réellement mobilisables par les professionnels, plutôt qu’autour d’un modèle dont le déploiement demeure encore en construction. Le SNIA demande donc l’ouverture rapide des travaux nécessaires à l’évolution du cadre réglementaire de la pratique avancée des infirmier(e)s anesthésistes, afin de répondre aux besoins croissants des patients en anesthésie, en médecine péri-opératoire, en réanimation, dans la prise en charge de la douleur et en médecine préhospitalière. La profession IADE n’a plus à démontrer son expertise. Elle exerce depuis de nombreuses années une pratique avancée fondée sur des compétences de haut niveau, une autonomie clinique reconnue et une responsabilité directe dans la sécurité des patients. L’heure n’est plus aux oppositions de modèles, mais à la reconnaissance et à la consolidation de pratiques complémentaires, au service des patients et de la qualité des soins. Le Conseil du SNIA Le 29 juin 2026 À compter de 2027, la protection sociale complémentaire (PSC) deviendra obligatoire au sein de la Fonction publique hospitalière (FPH), avec une participation employeur fixée à 50 %. Cette évolution constitue une avancée attendue. Elle ne produira toutefois ses effets pour les infirmiers anesthésistes diplômés d’État (IADE) et, plus largement, pour l’ensemble des professionnels hospitaliers, qu’à la condition de prendre pleinement en compte les réalités du terrain. Car à l’hôpital, la sinistralité ne relève pas d’une notion théorique. Elle recouvre des situations quotidiennes bien identifiées :
Elle ne peut pas davantage reproduire un modèle générique importé, insuffisamment ajusté aux spécificités du secteur hospitalier. Elle doit répondre de manière adaptée aux risques réels auxquels sont confrontés les agents hospitaliers. Et cela implique de le dire clairement : On ne peut pas affirmer qu’il faut « prendre soin de ceux qui soignent » tout en maintenant le jour de carence et en laissant perdurer une prise en charge des arrêts maladie limitée à 90 %. La santé des soignants ne peut devenir un objet de communication ou de valorisation individuelle, déconnecté des décisions structurelles attendues. Un autre point est non négociable : Les prestations du CGOS ne doivent en aucun cas être amputées pour financer cette réforme. Plus largement, la mise en place de la PSC ne peut se traduire par une diminution du niveau global de protection des agents, notamment en restreignant la diversité et la qualité des garanties aujourd’hui accessibles. Aucun progrès social ne peut reposer sur un recul parallèle. L’année 2026 sera déterminante. Les cahiers des charges, les appels d’offres et les arbitrages en cours structureront durablement les futures garanties proposées aux personnels. Le SNIA rappelle avec force qu’il ne suffit plus d’exprimer la nécessité de prendre soin de ceux qui soignent lors des périodes de tension. Cette exigence doit désormais se traduire par des engagements concrets, mesurables et ambitieux. Si cette ambition est au rendez-vous, la PSC dans la FPH constituera également un levier majeur d’attractivité et de fidélisation. Un hôpital qui protège ses soignants est un hôpital qui recrute, qui fidélise et qui reconnaît pleinement l’engagement de ses professionnels. Protéger les soignants n’est pas un slogan. C’est une responsabilité institutionnelle et un choix stratégique pour l’avenir du service public hospitalier. Le Conseil du SNIA Le 23 avril 2026.
À compter de 2027, la protection sociale complémentaire (PSC) deviendra obligatoire au sein de la Fonction publique hospitalière (FPH), avec une participation employeur fixée à 50 %. Cette évolution constitue une avancée attendue. Elle ne produira toutefois ses effets pour les infirmiers anesthésistes diplômés d’État (IADE) et, plus largement, pour l’ensemble des professionnels hospitaliers, qu’à la condition de prendre pleinement en compte les réalités du terrain. Car à l’hôpital, la sinistralité ne relève pas d’une notion théorique. Elle recouvre des situations quotidiennes bien identifiées :
Elle ne peut pas davantage reproduire un modèle générique importé, insuffisamment ajusté aux spécificités du secteur hospitalier. Elle doit répondre de manière adaptée aux risques réels auxquels sont confrontés les agents hospitaliers. Et cela implique de le dire clairement : On ne peut pas affirmer qu’il faut « prendre soin de ceux qui soignent » tout en maintenant le jour de carence et en laissant perdurer une prise en charge des arrêts maladie limitée à 90 %. La santé des soignants ne peut devenir un objet de communication ou de valorisation individuelle, déconnecté des décisions structurelles attendues. Un autre point est non négociable : Les prestations du CGOS ne doivent en aucun cas être amputées pour financer cette réforme. Plus largement, la mise en place de la PSC ne peut se traduire par une diminution du niveau global de protection des agents, notamment en restreignant la diversité et la qualité des garanties aujourd’hui accessibles. Aucun progrès social ne peut reposer sur un recul parallèle. L’année 2026 sera déterminante. Les cahiers des charges, les appels d’offres et les arbitrages en cours structureront durablement les futures garanties proposées aux personnels. Le SNIA rappelle avec force qu’il ne suffit plus d’exprimer la nécessité de prendre soin de ceux qui soignent lors des périodes de tension. Cette exigence doit désormais se traduire par des engagements concrets, mesurables et ambitieux. Si cette ambition est au rendez-vous, la PSC dans la FPH constituera également un levier majeur d’attractivité et de fidélisation. Un hôpital qui protège ses soignants est un hôpital qui recrute, qui fidélise et qui reconnaît pleinement l’engagement de ses professionnels. Protéger les soignants n’est pas un slogan. C’est une responsabilité institutionnelle et un choix stratégique pour l’avenir du service public hospitalier. Le Conseil du SNIA Le 23 avril 2026.
Les données recueillies auprès de 27 écoles d’infirmiers-anesthésistes indiquent que, sur 755 places agréées, seules 670 sont pourvues par des étudiants entrants, soit un taux de remplissage national de 88,7%, malgré un volume de 1965 candidats inscrits au concours.
Le constat est alarmant : - Une part significative de candidats admissibles (47 %) n’intègre pas directement la liste principale, avec une probabilité croissante de désistement ou d’abandon. - Les reports de rentrée restent majoritairement liés à des refus de prise en charge de la formation par les employeurs ou les dispositifs de promotion sociale (158 cas, soit 94 % des reports). - Toutes les formes de financement – y compris la prise en charge par l’employeur – montrent une tendance à la diminution, renforçant l’auto-financement ou la précarité financière des étudiants. Ces constats confirment des signaux forts déjà observés dans les enquêtes précédentes : malgré une attractivité de la profession, le système de recrutement et de financement actuel fragilise l’accès à la formation IADE. Le SNIA déplore : - Une fracture socio-économique croissante entre les candidats à la formation et les conditions réelles d’accès au diplôme. - L’absence de garanties de prise en charge systématique de la formation IADE, ce qui constitue une entrave majeure à l’égalité d’accès aux études spécialisées et à la diversité sociale. - Une politique de formation fragmentée et sous-dimensionnée** face aux besoins du système de santé, qui met en danger l’attractivité et la pérennité de notre spécialité. Le SNIA revendique : - La reconnaissance immédiate de l’IADE comme formation de niveau master pleinement financée, avec prise en charge obligatoire par les employeurs ou les dispositifs publics (formation professionnelle, promotion sociale). - La sécurisation du financement de tous les candidats admis, afin de garantir l’égalité d’accès, indépendamment du statut professionnel, géographique ou social. - La revalorisation du concours et des modalités de sélection, pour réduire les listes complémentaires, les désistements et les abandons. - Un plan national de soutien à la formation IADE incluant des mesures incitatives, un cadre clair de financement et une visibilité stratégique sur les besoins futurs de la profession. - La reconnaissance et l’intégration de l’IADE dans les politiques de santé publique, notamment en lien avec l’évolution des soins français, le vieillissement des effectifs, et les besoins croissants en anesthésie, réanimation et urgences. En conclusion : Le SNIA refuse que la qualité de la formation et l’accès à cette profession essentielle soient mis en péril par des logiques financières déconnectées des réalités des candidats et des besoins du système de santé. Nous appelons l’ensemble des acteurs – pouvoirs publics, ARS, employeurs, écoles et organisations représentatives – à agir collectivement et urgemment pour garantir l’avenir des IADE et la sécurité des soins pour tous. Le Conseil du SNIA Le 03 mars 2026. À l’occasion de son 75ᵉ anniversaire, le Syndicat National des Infirmier(e)s-Anesthésistes (SNIA) annonce la constitution de son nouveau Bureau national pour l’année 2026.
Cette nouvelle équipe resserrée, a été pensée pour renforcer l’efficacité de l’action syndicale et assurer la continuité des orientations portées collectivement au service de la profession. L’année 2025 a marqué une étape déterminante pour les infirmier(e)s-anesthésistes, avec un travail soutenu en faveur de la reconnaissance statutaire de leur exercice en pratique avancée. Les avancées obtenues sont le fruit d’un engagement de long terme, exigeant et constant, mené souvent dans la discrétion, mais toujours avec la même détermination. Ce travail patient, parfois en décalage avec l’impatience légitime d’une profession solidement ancrée dans son expertise, constitue aujourd’hui un socle stratégique essentiel. Il offre à la fois la consolidation des acquis et des perspectives d’évolution majeures pour les années à venir. La nouvelle génération d’IADE est désormais appelée à s’approprier pleinement cet héritage, à en comprendre les enjeux et à en poursuivre la dynamique. Dans ce contexte, le Conseil national a reconduit Christophe Paysant à la présidence du SNIA, réaffirmant sa confiance dans une ligne d’action fondée sur la constance, la cohérence et la continuité. Cette reconduction s’inscrit dans une volonté assumée de consolidation et de transmission : créer les conditions d’une montée en responsabilité progressive de la nouvelle génération d’IADE, l’accompagner dans la prise de conscience de l’héritage collectif dont elle est dépositaire et l’encourager à s’y engager activement. Elle traduit une conviction partagée : les transformations essentielles se construisent dans le temps long et prennent toute leur portée lorsqu’elles préparent, au-delà des mandats, les relais indispensables à leur pérennité. Composition du Bureau SNIA 2026 : Président : Christophe PAYSANT Vice-président : Jérémy GAILLARD Secrétaire générale : Cécile LANDURÉ Secrétaires généraux adjoints : Bruno HUET ; Jean SERVIERE ; Simon TALAND Trésorier : Madjid BELAHRIZI Trésorier adjoint : Sylvain LEFLOND Conseillers nationaux : Formation et relations internationales : Nico DECOCK Relations avec les étudiants IA : Sylvain LEFLOND Relations avec le secteur hospitalier privé :
Responsable informatique (Data Chief Officer) : Jean SERVIERE Membres du Conseil National : Julia JOUANNEAU – Erwin COLLET – Alexandre JACQ – Brice RAMONDENC – Sylvain LEFLOND – Nico DECOCK – François VERON Avec cette équipe pour 2026, le SNIA réaffirme, dans la continuité de ses 75 années d’engagement, sa détermination à défendre la profession d’IADE, à porter avec exigence les enjeux de formation, d’exercice et de reconnaissance dans toutes leurs dimensions, y compris celles liées aux conditions économiques et à la juste valorisation de l’expertise et à poursuivre un dialogue constructif et exigeant avec l’ensemble des acteurs du système de santé. Le Conseil du SNIA Le 05 février 2026 |
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